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La guérison du chamanisme

La
guérison du chamanisme
Depuis toute petite, je fais des
infections urinaires. J’avais toujours ce souci
de vessie qui brûle. Un peu comme l’eau dans son corps qui
bouillonne. Comme si l’émotionnel était toujours en feu…
Quand j’ai grandi ça s’est transformé
en cystites. Chaque fois que j’étais en couple et que celui-ci
commençait à mal tourner
je tombais malade. Huit mois sur douze, je vivais ce calvaire.
J’ai essayé les antibiotiques, les
plantes, l’huile essentielle, les
pierres, la médecine chinoise… Tout y faisait mais chaque fois la
maladie réapparaissait deux mois après.
J’ai alors voulu essayé par le biais
du chamanisme et sa guérison.
J’ai commencé les transes pour
découvrir mon animal de guérison. A cette époque, mon guide était
une panthère noire. Premiers coups de tambour,
je suis arrivée dans cette jungle verte. Je marchais comme un félin,
poils et narines aux aguets pour repérer les moindres mouvements
alentours.
J’ai alors demandé à ma panthère de
me conduire vers mon animal de guérison.
Nous avons alors couru à travers les
feuillages et sur les branches jusqu’au bord de l’immensité verte.
Je suis alors arrivée à un désert. Pas de logique possible dans
une transe chamanique, et sans m’inquiéter, j’ai alors avancé
nue et humaine sur ce territoire aride. Et contre toute
attente, c’est un ours que j’ai vu arriver. Avec lui avançait un
paysage plus doux. Quelques arbres et quelques rivières, un poisson
dans la gueule, il est venu à moi et s’est assis.
« Peux-tu guérir mes reins ? 
– Viens dans mes pattes, me dit-il, et
chaque soir, endors-toi là. »
Ce que je fis chaque soir avant de
m’endormir, je visualisais ce gros nounours pour m’y blottir.
Quelques semaines après, sans
résultat, je lui demande alors :
« Ours, je ne
vois pas de changement. Ça ne me guérit pas ce que tu me
fais.
– Alors pose la question autrement. »
J’ai réfléchi et réfléchi encore…
Pour comprendre ce qu’il voulait dire. Et puis un soir, ça m’a paru
évident. Je suis retournée le voir.
« Ours, qu’est-ce
que je peux faire pour me guérir moi-même
de cette maladie ?
– Voilà la bonne question !
Tout d’abord, construis
ton univers de guérison. Dans quel monde veux-tu te sentir ?
– J’aimerais un
jardin. Avec une fontaine et un hamac de branches et de feuilles. »
Alors le paysage se transforma pour
laisser place à un jardin fleuri, avec plusieurs fontaines, des
feuilles, des arbres, des roses et un lit de nature. EN le voyant
grandir, j’ajoutais en mon imagination tout ce qui pouvait être
parfait pour se sentir bien dans un univers de douceur.
« Bien. Et maintenant, que
veux-tu y ajouter qui puisse te guérir ?
– Un arbre. »
Alors un arbre géant apparu. Ses
racines étaient grandes et profondes. Elles passaient par-dessus
et dessous la terre, comme de géants doigts. Dans son tronc, apparut
une crevasse géante, entre ses racines et la terre, comme un
tunnel noir qui s’enfonçait dans les profondeurs de la Mère.
« Vas-y » me dit l’ours.
Alors je pénétrais dans la grotte.
J’y vis comme une sorte de salle immense, faite de boue et de bois,
avec au centre, une coupe taillée dans les racines et les branchages
de l’immense arbre.
Je m’approchais de cette coupe, et vis
dedans simplement de la terre.
L’ours, qui m’avait accompagné me
dit :
« Cette coupe sont les mains
de la Terre, et la Terre est guérison. Pose l’esprit de tes
reins, et de tout organe que tu voudras guérir dans cette coupe, et
recouvre-les de terre. Puis en
attendant, laisse-les entre les mains de
la Mère, et viens te reposer entre mes pattes. Demain, tu les
réoccuperas. »
Le lendemain, je visualisais mes
organes propres et guéris, revenir en
mon corps. J’avais moins mal les jours qui ont suivi. Mais la
guérison ne s’arrêtait pas là. Je devais maintenant soigner mon
corps dans le monde réel.
Je participai alors à ma première
hutte de sudation.
Une hutte de sudation, c’est un amas de
branches et de terre qui forme une
hutte. En elle, nous disposons des pierres chauffées à rouge
préalablement lors d’un grand feu pour appeler les esprits
du soleil, de la lune, de la terre et du ciel. Des points
cardinaux, et tous nos animaux de pouvoirs, pour nous accompagner
dans cette épreuve.
La hutte de sudation, c’est un peu
comme la renaissance. Nous entrons nus, et sortons nus de la mère.
Je suis entrée dans cette hutte et les
trois premiers quart-d’heure m’ont
suffi. Elle ne dura pas longtemps.
Nous étions douze dans un endroit pas
plus grand que ça, avec une chaleur de presque 80 degrés.
On a appelé l’enfant intérieur,
l’esprit du sud, l’innocence et notre humilité. Pour guérir l’homme
à sa plus tendre enfance, pour guérir l’homme avant son
incarnation.
Mon cœur s’est accéléré.
Je me suis écroulée. Le tambour battait et le chaman chantait dans
une autre langue. Il faisait noir et je ne voyais que par moment des
braises rougeâtres qui attendaient que
l’eau se jette sur elles pour emplir la hutte de vapeur. J’ai
commencé à transpirer comme je n’avais jamais sué.
Mon bassin bouillonnait. De l’eau sortit de
tous les pores de ma peau, le haut de
mes jambes, le ventre, les reins, l’aine. Je transpirais
du bassin. Et mon cœur battait la chamade au point que je
perdis une première fois connaissance.
Trois quart-d’heure
plus tard, je sortis de la hutte, dans le froid, la boue, et
la pluie. Nue comme un ver, perdue comme un enfant. J’avais mal aux
os, à la peau, aux muscles. Mes genoux ont lâchés, je suis restée
seule allongée dans la terre quelques temps, emmitouflée dans une
petite serviette, le temps de reprendre mes esprits,
et retrouver la sensation d’une chair plus forte.
Après ces deux expériences, je ne fis
plus jamais de cystites.

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