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Les principes de la Médecine Tibétaine

La médecine tibétaine est un système médical traditionnel qui repose sur une méthode complexe de diagnostic, incorporant des techniques telles que l’examen du pouls et de l’urine. 
Le médecin tibétain (amchi) donne des conseils de modification de comportement et d’alimentation. Des médicaments confectionnés à partir de plantes médicinales et de minéraux ; des thérapies physiques comme l’acupuncture tibétaine ou la moxibustion sont utilisées pour traiter le malade.
Le système médical tibétain est basé sur une synthèse des savoirs indien (ayurveda), persan, grec, indigène tibétain, et les systèmes médicaux chinois. Il continue à être pratiqué au Tibet, en Inde, au Népal, au Sikkim, au Bhoutan, au Ladakh, en Sibérie, en Chine, en Mongolie et en Bouriatie, de même que plus récemment dans des parties de l’Europe et d’Amérique du Nord. Il est lié à la tradition bouddhiste selon laquelle toute maladie résulte en définitive de « trois poisons » de l’esprit : le désir excessif, la haine et l’ignorance.
La médecine tibétaine met en avant une définition spécifique de la santé dans ses textes théoriques. Pour être en bonne santé il est nécessaire de maintenir un équilibre entre trois éléments ou « humeurs » : 
– rLüng (pron. loong, le vent) : la source permettant à notre corps de faire circuler des substances physiques (par ex. le sang), l’énergie (par ex. les impulsions du système nerveux), et ce qui n’est pas physique (par ex. les pensées).
– mKhris pa (pron. tri-pa, la bile) : est relié au feu et à la chaleur, c’est la source de fonctions telles que la thermorégulation, le métabolisme, la fonction du foie et l’intelligence discriminative.
– et bad-kan (pron. paie-gen, le phlègme) : est relié à la fois à l’eau et à la terre. Il est de nature froide, et est la source de fonctions telles que la digestion, l’entretien de notre structure physique, la santé de nos articulations et notre stabilité mentale.


Les traitements

La médecine tibétaine comporte 3 types principaux de traitements :

  • des conseils alimentaires
  • des conseils comportementaux
  • des pilules à base de plantes

Cette médecine traditionnelle utilise jusqu’à deux mille types de plantes et cinquante minéraux.

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Ls médecines du Tibet

Rien que ça, ça donne une idée de ce que l’on peut imaginer. Non pas ressentir. Aucun de ces mots qui seront dans ce texte ne pourra vous donner une seule petite idée de ce que l’on ressent vraiment là-bas. Et de ce que l’on ressent quand on revient.
Je vais commencer par le début.
Premier jour : Je retrouve un petit groupe à l’aéroport de Paris, bien sympa. Un médecin, une infirmière, une ostéo, une psy… Tous dans le domaine des médecines complémentaires. Et je rencontre Christiane, qui organise ce voyage. Une personne au grand cœur et pleine d’amour.
L’arrivée à Delhi après quelques heures d’avion fut étrange. Il était minuit. (Avec un décalage de trois heures et demi de plus heure d’été là-bas).
On m’avait parlé de la pauvreté là-bas mais devant l’aéroport, on ne le voit pas. Par contre, il y fait une chaleur de dingue. Humide, et étouffante. On se croit dans un vivarium.
Enfin, Delhi sera pour la fin, pour ce moment, nous prenons un avion à 5h30 pour Leh.
Jour 2 : Arrivée à Leh. 2800 m d’altitude. On respire ! On voudrait respirer mieux mais rien d’affolant, je m’attendais à pire. Et puis une odeur étrange surprend. L’air est sec, froid, sableux. Mais l’odeur, les locaux nous disent que ce sont celles des incinérations. En descendant de l’avion, du sable, un ciel bleu , des pierres et la montagne. C’est magnifique. Les informations arrivent en vrac. Des taxis klaxonnent, la poussière, les magasins où tout s’entasse, des ruines, des temples, des chiens, des vaches, le soleil et la montagne.
Au petit déj : omelette, tartines de beurre.
A midi : Riz, légumes au curry, dal (lentilles de coraux), une salade de riz, un peu de reiki sur le tout et dodo le reste du temps ! L’altitude, ça fatigue !!!
Jour 3 : Le 27 août 2013. Journée visite.
Nous visitons deux temples. Pas besoin de dire que l’énergie qui s’en dégage est incroyable et que les moines rayonnent de sagesse et de présence.
Nous avons également vu des moines enfants qui m’ont émue.
J’ai acheté un pendentif représentant dans le bouddhisme ce qui chasse l’ignorance.
Puis en fin d’après-midi, je me suis retrouvée dans une boutique de pierres. Le marchand m’a souri, et m’a dit « Bonjour Natacha ! Tu as un grand pouvoir que tu utilises pour les autres et pas assez pour toi. Moi aussi j’ai travaillé avec des chamanes, et tu as besoin de te protéger. Au retour de ton trek, reviens me voir, nous travaillerons ensemble. » Il m’a alors offert un rubis étoilé pour me protéger, que je dois garder sur moi, n’importe où je vais.
Jour 4 : Une journée en voiture. Départ pour le premier campement avant le trek à 180 km de Leh, en suivant la frontière du Cachemire.
Visite d’un temple, repas dans un petit village, observer les paysages, prendre des photos d’une station d’essence, de yaks, d’enfants…
L’arrivée au campement fut royale. On fit mieux la connaissance de nos guides : Les muletiers, les cuisiniers, l’helper et le guide principal. On a eu le droit à un repas aux chandelles, dans une tente. Ils étaient à notre service bien plus qu’on ne pourrait l’être pour n’importe qui. La leçon d’humilité commence.
Jour 5 : Premier jour de trek avec Youngtong, le guide. La première montée fut terrible. Mal des montagnes. Heureusement qu’on était tous dans les médecines. Huiles essentielles, et énergies.
Enfin, le trek ne s’arrête pas là. On a continué en traversant des gorges, en grimpant sur les rochers à l’aide des guides. Et là, je ne saurais expliquer mais autant je peux voir les totems en transe, et certaines énergies, autant, à ce moment-là, même sur les photos, le paysage et les énergies sont devenues presque palpables, et n’importe qui auraient pu les ressentir ; je voyais des chevaux galoper et descendre dans le sens du courant du ruisseau, et l’énergie de mon corps est devenue plus vive, et plus saine. J’étais comme soignée. L’eau était froide, et pure.
Puis après cela, nous sommes remontés à une grande place naturelle où ont été bâtis deux temples, et un temple troglodyte où a (supprimer le a) méditer Padma Sambava. Nous y avons dormi.
Sur ce dernier temple, sur la grotte, était inscrit dans la roche naturellement « Om Mani Padme hum. »
J’ai demandé ce soir-là à Youngtong, qui ne semblait pas porter d’importance plus grande qu’un respect à la religion et au bouddhisme en quoi il croyait, car on ne pouvait pas voir une chose si incroyable sans ne rien croire. Il m’a alors répondu : « Je n’y crois pas, mais j’ai confiance dans les choses. » Deuxième leçon.
Jour 6 : 8h de marches. Beaucoup plus éprouvant. J’ai pu faire un peu de cheval. C’était d’ailleurs dingue car j’avais la sensation qu’il me comprenait lorsqu’il était fatigué et que je le rassurais.
Quelques coups de soleil, quelques discussions enrichissantes avec Youngtong. Comparaison des peuples. Ici on ne juge pas. On est humble et patient. Tout le temps dans le présent. Naturellement.
Troisième leçon.
Jour 7:Moitié du séjour, déjà. La vieille, j’ai passé une grosse partie de la nuit à parler avec Youngtong. Beaucoup de choses se sont débloquées. Un lien puissant naissait.
J’ai appris sur ce peuple : la cohabitation avec les musulmans est difficile. Ils ne jugent pas cette religion, mais n’aiment pas ce qu’elle fait aux hommes. Ils ont un égo mais s’en servent pour se détacher. Pas besoin de ressentir les énergies ou de chercher la spiritualité comme nous. Elle est juste là, omniprésente.
Ce jour-là, nous avons pris le chemin vers la maison de l’Amchi. Nous sommes arrivés chez lui, il préparait le blé avec sa famille. Il nous a alors préparé un premier repas pour 5h, puis un autre dîner le soir. L’accueil est plus que chaleureux. Nous sommes comme des rois.
Là-bas, le soleil se couche à 19h, et très vite. Ça fout le cafard que les journées ne puissent continuer plus longtemps. On voudrait que le temps s’arrête quelque fois pour profiter encore plus. Mais bon, moment présent ! Ne pas réfléchir. Juste être là, comme une montagne.
Écriture instantanée :
Des fois je réalise où je suis. Des fois je cherche qui je deviens.
La sagesse et la vie semblent parfois paradoxales. Les émotions passent. Et partent. Les souffrances peuvent devenir inexistantes si on suit des règles. Le détachement. Oui mais comment ? Si s’attacher est souffrance, c’est aussi très agréable. L’acceptation. Oui mais je voudrais aussi pouvoir changer les choses. Certaines. La compassion. Le vieux chamane de Leh a raison, je ne suis pas protégée car je n’ai que l’empathie.
Et l’amour… Universel et inconditionnel. Pas si simple de s’aimer suffisamment pour ne plus juger ou bien juste aimer tout le monde. Difficile de dire « Je suis Dieu mais je ne pète pas plus haut que mon cul ». Pourtant je me surnomme Gaia. Où est-ce que j’en suis dans tout ça ? Venir ici remet en question ce que je pensais savoir de moi. La maturité n’existe pas. Il n’y a que la leçon de la vie.
Jour 8 : je me sens hors du temps. Et de l’espace. Mon cafard du départ commence déjà. Cinq jours ne représentent pas cinq jours. Mais à la fois deux jours et un mois. Ça fait un mois que je suis là et ça passe vite. Voilà je me sens hors du temps et de l’espace. Je suis venue chercher une chose et je ne veux plus repartir avec.
Je m’en fous des plantes. Je m’en fous de savoir à quoi elles servent et comment on les cueille et si on doit les faire sécher.
Si je dois revenir avec quelque chose, je ne sais pas encore quoi. La philosophie, les relations humaines…. Juste des photos avec quelques notions de médecine et de religion.
En tout cas, l’Amchi dégage vraiment quelque chose de fou. D’agréable. Comme beaucoup ici. Nous sommes allés chercher de la rhubarbe sauvage et le soir nous devons préparer le Tang.
PREPARATION D’UN MEDICAMENT PREPARE PAR L’AMCHI :
Pour faire un médicament à base de plantes, il faut une base de 7 substances.
Parmi elles, on peut trouver des racines, des branches, feuilles, noyaux, algues et fleurs. Mais aussi des parties animales.
Ces 7 plantes ou substances, sont dans un premier temps séchées. Les délais vont de 3 mois à une année. Puis elles sont écrasées à l’aide d’une grosse pierre et réduites en poudre dans un tamis.
En fonction de l’utilisation du médicament, celui-ci peut rester en poudre ou être transformé en petites billes.
On peut devoir les mâcher, les mettre sous la langue, les boire en tisane, les avaler avec de l’eau chaude, de l’eau froide ou du lait. Tous ont une heure particulière où leurs effets sont plus efficaces.
Jour 9:Le lac sacré. Une longue montée vers un glacier.
Youngtong m’a accompagnée au lac. Et le temps s’est arrêté. J’ai vu le lac, le glacier, les pierres, la terre, les couleurs froides. Et plus un bruit. Le silence. Les seuls sons perceptibles n’avaient plus aucun sens. Je me suis alors assise, les jambes tremblantes, et il s’est mis à neiger. J’ai pleuré. Pleuré comme je n’avais pas pleuré depuis bien longtemps. J’ai lâché. J’ai laissé au bord de ce lac tout ce que j’avais été. Tout ce que je pensais être. Et tout ce en quoi je croyais. J’ai laissé tout ce qu’un être est par ce qu’il apprend. Je n’ai gardé que Moi. Un Moi profond, un Moi enfant. Un Moi neuf. Un Moi lumière. Ce fut comme une sorte d’accomplissement. Je suis restée seule un long moment. Lorsque je suis redevenue calme, le ciel s’est éclairci, et un soleil tiède est apparu.
Alors que nous avons mis 5h à monter au sommet, nous n’avons mis que 2h30 pour redescendre.
Après cela, j’ai découvert certaines traditions ladakhi derrière un rocher…
 
 
Jour 10 : Come back to Phocart. La maison de Samphel et son neveu Youngtong.
Visite de l’école dont Christiane est la directrice. On a assisté à l’inauguration d’une nouvelle classe. C’était sacrément émouvant. Les enfants étaient en costume en fonction de leur tribu et ont dansé pour nous.
Aujourd’hui je collecte pour eux un peu d’argent pour financer les études d’un des enfants et aider à la construction de cette école. Aider Christiane.
Et bien sûr, le soir nous avons fait des momos avec la famille.
Le titre va prendre tout son sens maintenant : Les momos sont une sorte de ravioli à base de moutons, d’ail et d’épices.
Et qui nous a aidés ? Un moine qui est professeur dans l’école de Phocart. Les moines sont bel et bien végétariens. Mais ce n’est pas parce qu’on est végétarien, qu’on ne peut aider ceux qui mangent de la viande. Après tout chacun son choix de vie. Aucun n’est meilleur qu’un autre. Le meilleur en fait, c’est juste d’aider l’autre ! Et puis merde, ils étaient bons ces momos !
Le staff nous a fait un gâteau avec écrit « See you again ». Mais je ne veux pas être dans cette optique. Je suis triste de quitter Youngtong, je ne le verrai presque plus, mais garder contact je ne sais pas. C’est dur d’essayer de faire ça bien. Des fois je me sens détachée, et des fois attachée à jamais.
Jour 11 : Je rêve de rester sur les routes.
Retour à Leh. Seule avec mon rubis dans la voiture. Demain matin, nous verrons la chamane. L’oracle.
J’ai le blues. Quelle que soit l’endroit d’où je pars, il me manque. De chez moi, ou d’ici. J’ai le cafard.
On peut être heureux posé à un endroit. Mais j’ai la sensation de vivre 100 fois plus et 100 fois plus longtemps dans le voyage. Je ne me suis pas trompée dans ma voie, mais elle n’est pas à 100 % pour moi…
Je sais qu’on doit se sentir bien où que l’on soit si on est bien à l’intérieur. Et je suis bien partout, et encore mieux ailleurs…
Quelques anecdotes :
– J’ai acheté mes bijoux de mariage et alliance là-bas.
– Youngtong marche sur les braises.
– Ici, les ladakhi courent dans la montagne en tong. Nous on tombe doucement en grosses chaussures.
Ah l’attachement… Source de souffrance. L’attente, la peur, le besoin. Comment ne pas ressentir tout ça et être en paix ?
Croire qu’il arrive ce qui doit être et non ce que l’on veut qu’il soit ; Et accepter.
Je vais tenter de laisser venir les choses. Ça me laisse le temps d’être patiente et de réfléchir ; Non, méditer… Je ne sais plus la différence. Ou juste laisser aller. Ressentir qui je suis. Ou ce que je veux.
Jour 12 :
VISITE D’UNE CHAMANE
Les « chamanes » au Ladakh sont appelés Oracles ou Lhamo.
On peut leur poser n’importe quelle question, quelle maladie, quel souci.
Nous arrivons tous dans une petite pièce om sont disposés 7 bols, correspondant aux 7 bols de d’offrandes bouddhistes et où sont disposés plusieurs substances.
Dans un premier temps, la chamane allume une résine de copal qui enfume toute la pièce et nous plonge dans une transe qui coupe notre mental.
Elle commence à réciter des mantras, prend un chapelet et une cloche, et enfile petit à petit son vêtement d’Oracle.
Elle se munit alors en plus d’un petit tambour, toujours de sa cloche et de son « djorgé » qui permet de faire fuir l’ignorance, et entre en transe durant presque une demie heure.
Alors elle nous reçoit un par un et nous lui exposons nos soucis.
Pour ma part, je me demandais si je devais continuer les médecines dans mon pays ou m’élargir. Oui me dit-elle. Je reste où je suis incarnée.
Une amie demande simplement si celle-ci a un message pour elle. Sur quoi elle répond « Je n’ai rien à te dire, ta vie est belle, pourquoi viens-tu me tester? ».
Une ladakhi s’approche avec son enfant. Celui-ci est malade. Ni une ni deux, la Lhamo prend une lame de sabre chauffée à rouge, la lèche sans se brûler et souffle sur l’enfant en chantant des mantras. Cette technique est aussi utilisée par les Amchi, très spirituelle et religieuse.
Une autre enfin s’approche, et se fait comme désenvoûter. La femme est alors frappée par le sabre, la chamane se met à lui crier dessus dans une langue incompréhensible puis souffle de nouveau sur la personne la langue brûlée.
Ces quatre expériences suffisent à nous envoûter! Ce fut une immersion enrichissante.
Dernière journée : Je me sens mélangée. Je retrouve à l’esprit un peu mes projets de vie et l’amour que je leur porte. Mon centre, les soins… Ce sera dur de partir quand même. Voyager comme ça m’avait beaucoup manqué. Je ne pensais plus à cette sensation et je ne veux plus l’oublier. Je veux la revivre éternellement et ce sera sans doute possible en créant de bonnes racines.
Je pourrai vivre les deux. Le voyage et l’enracinement dans une région. Mais effectivement je dois me protéger. Ce sera comme à l’aller, en plus intense. Le plus dur dans un voyage, c’est le voyage. Une fois à la maison, tout ira mieux. J’aime tout ce qui s’y trouve.
Dernière soirée emplie de rire avec Youngtong. Pas de peine, pas de pensée. Juste le présent. Comme une dernière petite pensée avant le départ.
Il y a eu un bon dîner, un grand au revoir. Et une nuit blanche et inoubliable.
Le retour à Delhi a été dur. Triste. Vide.
« C’est l’univers qui est grand, le monde lui est petit ». Et moi donc… Me voilà minuscule face à tout ce voyage.
On apprend à se détacher de sa propre vie. Pour se rattacher à son vrai Soi.