Publié par Laisser un commentaire

Le Chamanisme

 
Le
Chamanisme

Entendre
le mot chamanisme renvoie à une foule d’image reçues. On imagine
facilement l’indien, habillé de plumes, une pipe à la bouge et la
danse autour du feu, les loups et l’aigle à l’horizon.
Je
vais aujourd’hui vous plonger dans une image un peu différente, un
peu plus profonde.
Qu’est
ce que le chaman ?

Le
mot Chaman ou Shaman provient non pas des indiens d’Amériques, mais
d’une vieille langue locale de Sibérie «šamán »
qui
représente une personne possédant la connaissance.
Il
s’est utilisé par delà le monde et l’on désigne aujourd’hui par
chaman, le guérisseur, celui qui est touché par les esprits de la
nature, l’animiste qui guide les âmes et esprits.
Le
chamanisme est donc les premiers pas de l’homme dans la spiritualité,
autant que dans la médecine. Avant que ces deux sujets ne se
séparent, ils sont la science d’une longue époque.
(Illustration
d’une Lhamo, chamane tibétaine au Ladakh, près de Leh)
Pour
ce reportage, j’ai rencontré plusieurs personnes qui vont nous
conter leur parcours, leurs connaissances, leurs expériences dans
divers domaines du chamanisme.
(Un chaman en devenir,en France)
La
Musique, première médecine du monde
Franck
Nabet est musicothérapeute.
Depuis
20 ans il étudie la thérapie par le son et aujourd’hui il m’offre
sa vision de l’histoire de la musique dans le chamanisme.
« Chez
tous les premiers peuples de notre planète, la musique a été
médecine. C’est la plus vieille médecine. D’ailleurs, tout est
médecine, plantes, pierres, animaux…
Mais
la musique est la création de l’humain et elle est bonne pour
soigner l’homme.
Chaque
élément de la musique est attachée à une dimension de ce que nous
sommes.
Le
rythme correspond au corps dans lequel tout est rythme. Le cœur, les
cellules…
La
mélodie s’apparente au mental car le cerveau associe l’émotion et
la mélodie, comme lorsqu’une musique nous renvoie à un souvenir.
L’harmonie
se retrouve dans notre sphère énergétique, par la recherche de
l’équilibre, de l’ondulation.
Les
premiers peuples sentaient intuitivement l’harmonie parfaite entre
les sons avant que nous puissions y trouver une logique mathématique.
( Franck Nabet au salon du bien-être de Périgueux)
Un
jour j’ai eu une expérience avec une chamane de Mongolie venue en
France. Elle chantait des chansons dans une autre langue et fumait
une sorte de cigare en même temps. Elle soufflait la fumée sur moi,
tout en chantant. J’avais la sensation que lorsqu’elle soufflait,
elle m’arrachait des lambeaux de peau. Et je pleurais énormément. A
la in du soin, je me suis senti différent, comme nettoyé, comme un
nouvel être.
Ma
musique aujourd’hui reprend les caractéristiques que j’ai découvert
dans les peuples premiers avec un diapason plus bas que celui qui est
utilisé actuellement en musique et des gammes avec des harmoniques
plus justes pour nourrir nos différents sons vibratoires. J’utilise
le tambour, les percussions, les flûtes du monde mais surtout
amérindiennes et des synthétiseurs ré-accordés. »
Pour
découvrir Franck Nabet : www.musicothérapie-energetique.fr
Le
Tambour et la Sauge
(Illustration
de Christophe Flambeau au salon bien-être de Périgueux)
Le
Tambour chamanique est l’outil de voyage du chaman. Il est considéré
par le Chaman comme sa monture, son cheval pour accéder au monde de
l’Invisible, son moyen de communication avec les guides, les esprits
dont il entendra les voix et les chants. Il est utilisé dans
pratiquement toutes les traditions : sibériennes,
amérindiennes, mongoles, africaines, celtes…
Lorsque
l’on commence à jouer du tambour, on commence par une cadence proche
de celle du cœur pour ensuite accélérer légèrement ou en sortir
des rythmes précis. Il en sort un son sourd et particulier, qui
pourrait faire penser aux battement du cœur de la mère lorsqu’on
est encore dans son ventre…

Dans
cet état, émerge aussi notre inconscient de façon symbolique et
visible : nos peurs, nos émotions, nos inquiétudes. Il est donc
possible d’appréhender autrement ce que nous vivons et ressentons :
de voir et comprendre, de transmuter des craintes, de prendre
conscience.

Le
thérapeute ou le chaman utilisera cette vision, et aussi, cette
force donnée par la Source pour aider la personne à atteindre son
but.
J’ai
rencontré Christophe Flambeau, dont le métier est de fabriquer ces
tambours chamaniques :
«Le
tambour est tout naturellement l’ami des chercheurs de vérité sur
cette voie. C’est ainsi que, depuis 8 ans, j’ai été appelé à en
fabriquer dans le respect de l’esprit chamanique.
Depuis
mon premier tambour, j’ai approfondi l’art de créer des tambours en
résonance
avec l’âme. Ils s’inscrivent dans les lignées traditionnelles
mongoles, amérindiennes et africaines,enrichies de mes propres
apports.
Je
fabrique des tambours de base performants, des tambours spécifiques
et
personnalisés:
tambour de soins, de voyage chamanique, de hutte et de
cérémonie en milieu naturel. Ils sont tendu principalement de
peaux de cerf, mais dans la nature j’utilise aussi de la peau de
bison, de bouc ou de cheval. »
Pour
découvrir Christophe Flambeau :
https://www.facebook.com/Christophe-Flambeau-Cr%C3%A9ations-136514256502424/

La
sauge blanche,

traditionnellement utilisée dans les sociétés amérindiennes est
originaire du sud de la Californie et la région nord de Baja, au
Mexique. 

La
sauge blanche est largement utilisée par les sociétés
amérindiennes. La graine est un des ingrédients principal d’un
aliment de base appelé le Pinole. Les feuilles et les tiges sont
mangées. Certaines tribus se servent des graines de sauge blanche
pour enlever les corps étrangers de l’œil. Un thé préparé à
partir des racines a été utilisé par les femmes Cahuilla pour la
guérison et aider à la reprise des forces après l’accouchement.
Les feuilles de sauge sont également brûlées par de nombreuses
tribus amérindiennes. La fumée est utilisé dans différents
rituels de purification.
La
sauge blanche est principalement utilisée dans tous les rituels de
guérison. La fumée pour bénir, nettoyer et guérir les personnes
ou les objets. Elle
est utilisée pour purifier
un lieu
quand on entre dans une cérémonie ou un espace sacré. Les objets
sont également lavés avec de la fumée de sauge pour
les débarrasser des énergies négatives. Ce qu’on appelle la sauge
médicinale peut provenir d’une grande variété de famille de
plantes.
Dans
les rituels amérindiens, la fumigation de sauge blanche a été
pratiquée pendant des siècles. Bien que chaque nation ait ses
propres méthodes, il existe de nombreux points communs entre elles.

Le
bâton de fumigation de sauge blanche a été et est utilisé pour la
purification. La sauge blanche était peut-être la plante la plus
importante dans les cérémonies de la société Cheyenne.
L’utilisation de la sauge blanche a été étendue, le long des
frontières et sur les plateaux dans presque tous les loges
cérémonielles (y compris les hutte de sudation). Les feuilles ont
été brûlées comme encens pour purifier et chasser les mauvais
esprits, influences maléfiques, mauvais rêves, pensées négatives
et la maladie.

Le
peuple Dakota et d’autres tribus utilisaient la sauge blanche sous
forme de thé pour soulager les maux d’estomac et de nombreuses
autres affections. Les Cheyennes utilisait les feuilles écrasées
comme tabac à priser pour soulager les sinus et lutter contre les
saignements de nez et les maux de tête. D’autres utilisait la sauge
blanche blanche pour confectionner des baumes à appliquer sur les
plaies. Enfin la sauge blanche a été utilisée pour lutter contre
l’eczéma et aussi en tant que déodorant naturel grâce à ses
propriétés anti sudorifiques. La tribu Kiowa fait une boisson amère
à base de sauge blanche, dont ils se servaient pour réduire les
mucosités. Habituellement, ils mâchaient la tige et les feuilles et
avalaient le jus.
Les
Apaches utilisaient une mince pointe de la section de la tige comme
un moxa pour soulager les maux de tête ou autre douleur.
Les
Kiowa utilisaient également une infusion à base de sauge blanche
pour les poumons, pour réduire les mucosités et soulager l’estomac.
Les Mesquakies utilisaient les feuilles comme un cataplasme pour
« guérir les plaies de longue date ». Ils ont également
fait un thé de feuilles pour traiter amygdalite et maux de gorge.
Les Omaha utilisaient les feuilles de sauge blanche séchées dans un
thé pour les bains de bouche et une poudre était utilisée pour
arrêter les saignements de nez.
Les
Blackfeets utilisaient la sauge blanche dans les rituels des huttes
de sudation et comme ingrédient principal de vapeur inhalée pour
les problèmes respiratoires. Source :
sauge-blanche.fr
Les
Symboles
Tambour
créé par Christophe Flambeau)
L’Animal
Totem
, C’est un nom qui nous dit tous quelque chose, on imagine à
nouveau l’aigle ou le loup des amérindiens. Les Animaux totems
représentent en effet selon les peuples, un guide sous forme
animale, qui vit en nous, et nous aide sur notre chemin de vie.
Chez
les amérindiens, cet animal est déterminé par le chaman à la
naissance d’un enfant, et la position des étoiles. Chez les
africains, les animaux ne sont pas des totems mais chaque animal
possède un pouvoir, et comme une divinité, il peut ou non, en user
sur l’homme pour faire le bien ou le mal. Chez les Hindous, les
animaux sont l’emblème de Dieux.

(photo
d’un Sadhu hindou, prise dans l’ancienne place de Darbar à
Katmandou, Népal. Ces hommes font vœu de pauvreté pour se
rapprocher de leur nature profonde. )

Des
Runes
Chez
les nordiques cependant, le chamanisme ou les animaux totems avaient
moins d’importance. La mythologie scandinave nous parle plutôt
d’Odin, D’Yggdrasil, de Thor ou des runes. Elles sont le lien entre
les hommes et leurs Dieux, symboles de magie, de divinations, mais
aussi de guérisons.
Le
mot rune signifie
“secret”, “mystère”, “murmure”, ou “lot” (de
divination). Il dérive de la racine ancienne Norroise rún, qui veut
signifie “secret”, “enseignement secret”, “sagesse”, ou
“signes magiques”. 
Chaque
rune possède un nom et un son qui désignent un objet, un animal ou
une qualité. Chaque nom de rune porte donc un concept, et celui-ci
reflète le symbolisme de cette rune et ses correspondances. 

(une jeune chamanka en devenir)

Rituels
Le
voyage chamanique
est une
transe réalisée au tambour ou parfois à l’aide de plantes selon
les mœurs, où l’individu plonge dans son inconscient, pour y
trouver des images, des réponses et des guérisons.
Les
fréquences du tambour équilibre les deux hémisphères du cerveau.
Le voyage permet alors à la glande pinéale de s’ouvrir, afin
d’accéder aux 80 % non utilisés de notre encéphale. Les
images viennent comme lors des rêves, ou des somnolences. On libère
une infime couche de diméthyltrytamine,
molécule
présente naturellement dans tout organisme vivant.
Photo
de Sandrine Wiemert
Le
soin chamanique
J’ai
rencontré Sandrine, qui m’a partagé son expérience. Elle a subit
un trauma émotionnel qui l’a rendu paralysé durant plusieurs
années. D’abord baignée dans le monde gitans, elle a ensuite
rencontré plusieurs chamans aux États Unis ainsi qu’au Philippines.
Là-bas, elle a suivi un enseignement sur les lois spirituelles
issues du chamanisme.
« Lorsque
j’étais malade, j’ai demandé un soir à recevoir un soin à
distance, de tous ceux qui accepteraient de m’envoyer de bonnes
ondes. Le message à fait le tour de Facebook. Il est arrivé même
aux États Unis. Je me souviens, c’était un Mercredi soir à 20h30.
Ce soir là, je me suis allongée pour faire un voyage chamanique. Et
dans celui-ci, mon maître spirituel des philippines m’ait apparu. Il
m’a dit « Toutes les guérisons et tout le chamanisme
des philippine est en toi. Tu as en toi, les clefs pour te guérir. »
J’ai alors suivi plusieurs processus de guérison,
en France, aux États-Unis,
et seule. ‘ai vécu par voyage chamanique, un démembrement. Comme si
on enlevait chaque membre
pour y enlever le mal. J’ai mis plusieurs mois pour réapprendre à
marcher. Depuis cette expérience, je suis sur le chemin du
chamanisme. Je fais partager cette histoire pour montrer qu’on a en
nous la force de la nature, pour nous aider. S’ils
en ont le besoin, je les aide, je les guide, à l’aide de tambours,
de hochets, de bols en cristal, de ma voix et de sauge ou de
palosantos à faire
leur voyage chamanique, à trouver en eux les clefs de leur
guérison.»
Pour
découvrir Sandrine Wiemert :
https://www.facebook.com/sept.directions?fref=ts
L’Ayahuasca
est
un exemple contenant cette molécule. C’est un breuvage qui est
utilisé en Amazonie. Cette boisson contient deux plantes
amazoniennes.
La Chakruna qui est une feuille contenant la molécule de DMT,
inactive si prise seule, et une liane locale (qui inhibe la MAO
sécrétée par le foie contre les effets de la DMT). Ensemble, elles
forment l’ayahuasca.
Illustration
de la Liane utilisée pour L’Ayahuasca. Tarapoto – Pérou
Le
terme Ayahuasca vient du Quechua et
est formé de l’agglutination de aya et huaska.
Il est traduit ordinairement par liane
des esprits
.
C’est une médecine curative, et anthéogène, (effets psychotropes à
des fins spirituelles).
Les
prises de cette plante se font dans des centres locaux, dans la
jungle, au Pérou, en Bolivie ou encore en Colombie, accompagnés
d’un chaman.

Photo
d’une Maloka, pièce ronde où se font les prises d’Ayahuasca.

Il
faut 700kg de lianes, et 80kg de feuilles et 2 semaines pour faire
10L d’Ayahuasca. Les cérémonies coûtent passablement chères.
Lorsque on fait une retraite, elle dure d’une semaine à 2 mois. Le
chaman donne un verre de breuvage lors d’une cérémonie.
Illustration
de la Maloka chez Alberto – Tarapoto – Pérou.

Le
voyage chamanique qui suit peut durer jusqu’à 12h. Il est très
dangereux d’en faire l’expérience sans une personne certifiée. Il
est d’ailleurs interdit dans une grande partie de l’Europe.
En
Europe, comme au Canada actuel, nous avons davantage utilisé la
médecine des Huttes
de sudation.
Elles
viennent d’un peu partout dans le monde, portant des noms
différents… Inipi pour les amérindiens, Témazcal au Mexique,
Sauna en Finlande…
Les
traditions se ressemblent.
Lors
de la Hutte de sudation, les hommes et femmes se retrouvent pour une
durée de 2h30 à 12h dans une tente faites de branchages, de peaux
(traditionnellement). Un feu sacré est allumé face à l’entrée de
la Hutte, gardé par un gardien du Feu. Il a pour mission d’amener
les pierres volcaniques chauffées à rouge dans la Hutte, de
maintenir les flammes, et une énergie positive pour toutes les
personnes présentent dans la Hutte. Le Chaman lui, est avec tout le
monde, pour les guider vers un chemin de guérison
Hutte
de sudation réalisée en Dordogne à « La Bulle de Gaïa »


















Temple
du Condor, au Machu Picchu.

Il était sans doute utilisé pour les rituels de sacrifices. Ils
disent que l’on peut y deviner le condor. Au sol, tête et le bec
pour y verser le sang. Et les deux grandes ailes sont formées par
les murs derrières.
Le
Condor est symbolique de mort et de résurrection en Amérique du
Sud. C’est un des 4 animaux sacrés, celui qui passe dans l’au delà,
et récupère les messagers des défunts pour les retransmettre à
l’homme.


Le
chamanisme est donc l’ancêtre de toute spiritualité, mais aussi de
toute médecine. Comme me disait Sandrine lors de ce reportage :
« Le mot chaman fait peur, mais il veut simplement dire
communier avec la nature. Le chaman parle avec les arbres, avec les
animaux. Lorsqu’il prend son tambour, il communique avec ce qui
l’entoure. Les premiers hommes préhistoriques étaient pour moi des
chamans, ils savaient que l’eau était bénéfique, que les plantes
soignaient et que les pierres avait une symbolique pour leur défunts,
et ce quelque soit l’endroit du monde. »